Au Mali, dans les régions, la politique éducative s'est souvent faite au détriment des milieux urbains; les priorités des projets étant axées sur le monde rural. Les femmes et les jeunes des milieux urbains, sont devenues durant les dernières décennies " les oubliées du développement ", les fonds privilégiant " l'authenticité " des milieux ruraux. Le second facteur de préoccupation des femmes dans les milieux urbains, est l'emploi. En effet les femmes et les jeunes filles ont le plus souvent été cantonnées dans des domaines nécessitant peu de compétences, où les salaires sont les plus bas et la sécurité de l'emploi minimale.
Dans les villes, comme c'est le cas à Mopti, l'accent a été mis sur des activités génératrices de revenus. Dans les filières scientifiques et techniques qui pourtant offrent plus d'opportunités sur le marché de l'emploi et des revenus plus stables, les filles et les femmes sont très minoritaires.
Dans la région de Mopti, le taux d'analphabétisme atteint 80% des femmes. Le réseau sectoriel éducation a donc été une
priorité pour notre organisation pour d'une part dénoncer les limites des AGR (activités génératrices de revenus) et proposer
d'autres alternatives de développement qui puissent favoriser l'égalité des chances entre les hommes et les femmes et de
permettre aux femmes d'accéder à des fonctions et professions plus valorisantes; traditionnellement réservés aux hommes.
Outre l'analyse des genres et notre expertise du fonctionnement du milieu politique à Mopti, nous avons mis l'accent sur
l'action des femmes comme moteur pour contourner les valeurs et préjugés classiques concernant leur rôle et statut. Les TIC
et le développement des infrastructures depuis la décentralisation sont donc une opportunité à ne pas manquer.
Pour le réseau éducation, des centres multimédia de proximité sont actuellement en cours d'élaboration, dont le rôle en premier sera d'informer et de sensibiliser sur le rôle des conseillères et de leur action pour les populations et d'offrir des services éducatifs et de citoyenneté de base aux populations. Les leaders formés à RESO-Femmes sont déjà au bénéfice de programmes en IEC (Information, Education, Communication) et plusieurs d'entre elles sont des enseignantes dans les différentes langues nationales. Elles se proposent de renseigner et d'orienter les populations en organisant une permanence citoyenne hebdomadaire. Pour le contenu, avancement et analyses de leurs activités,
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